Le nombre de freelances a bondi de 126% ces dix dernières années, pour atteindre les 830 000 aujourd’hui. Le processus de recrutement traditionnel, lourd et coûteux, ne répond plus à la demande en flexibilité des entreprises, ainsi qu’aux aspirations des travailleurs qui veulent gérer leur temps, des missions variées et des rapports hiérarchiques différents. Surfant sur la tendance, la plateforme Malt a révolutionné la mise en contact des entreprises et des freelances en seulement quatre ans ! Retour sur le parcours à succès de cette marketplace de services B2B novatrice et ambitieuse.

Malt : la marketplace B2B qui répond aux besoins réels et actuels des entreprises et des freelances 

Confiant régulièrement, en tant que client, des missions ponctuelles à des travailleurs indépendants, Vincent Huguet a l’idée, avec Hugo Lassiège et Jean-Baptiste Lemée, d’un concept optimisant la mise en contact entre entreprises et freelances : Malt. En effet, si des services de recherche de talents en ligne existent déjà, ils sont fondés uniquement sur une logistique d’appel d’offre. Le modèle ne garantit pas la qualification, la proximité ou encore la disponibilité au moment voulu. Par ailleurs, l’offre est positionnée dans les grands groupes par des SSII. Résultat : satisfaction client bien en delà des possibilités, marges faibles pour les freelances et aucune visibilité de la demande en provenance des PME et TPE.

En réponse à ces problématiques, la marketplace de services B2B Malt (anciennement Hopwork) est lancée en 2013. Sa promesse : la redéfinition du mot « travail » et une nouvelle organisation pour les indépendants. Elle se positionne dès le départ sur des profils hautement qualifiés dans le développement, l’image, la communication et le marketing, ainsi que sur la sélection de freelances directement par l’entreprise demandeuse, afin de se démarquer et créer l’effet « waouh ». Ainsi, des entreprises de toutes tailles, trouvent rapidement et gratuitement des travailleurs indépendants spécialisés et répondant aux besoins du moment, à proximité et disponibles aux dates souhaitées. Quant aux freelances, ils bénéficient d’une visibilité accrue en très peu de temps, ce qui leur permet d’augmenter le nombre de missions réalisées, dans un cadre légal et sécurisant.

La croissance rapide de Malt portée par le modèle marketplace et des services sur mesure

Malt se rémunère à la double commission. 5 à 10% sont prélevés au freelance sur le montant de sa prestation selon la régularité des missions avec le porteur de projet. Les entreprises quant à elles, versent 5 à 7% à la plateforme. Une double monétisation issue de l’audience et de l’offre, que la marketplace justifie par la mise en place de fonctionnalités et outils additionnels pour les utilisateurs, afin de leur offrir une expérience unique, différenciante et fidélisante.

La startup a en effet développé un ensemble de services, de l’accompagnement au juridique en passant par la comptabilité : elle décharge par exemple les utilisateurs des démarches administratives comme la contractualisation et la facturation, et fournit aux freelances des fonctionnalités pratiques, permettant de gagner un temps précieux et d’améliorer leur profil. Par exemple, l’outil de statistiques intégré au dashboard, met en évidence les mots clés par lesquels les entreprises ont trouvé le profil du freelance, l’importation du CV depuis LinkedIn est possible en quelques clics…

La place de marché a également fait de la confiance et la sécurité son fer de lance : le paiement est effectué en ligne, provisionné sur la plateforme et versé au freelance à la fin de la mission, la confidentialité est inscrite au contrat, et une assurance couvre toutes les prestations. Les évaluations des freelances et des entreprises permettent aux premiers de gagner en crédibilité et en visibilité, aux seconds d’être rassurés et donc d’adhérer plus facilement au service.

D’ailleurs, la startup organise même des soirées réseautage pour renforcer la communauté. La marketplace va donc plus loin que la simple mise en contact et le paiement d’une prestation : elle crée un écosystème favorable à l’échange, offre une expérience unique à la communauté qu’elle fédère en assurant un très haut niveau de qualité de service. On comprend pourquoi Malt est rapidement devenue une des références en termes de plateforme de jobbing, qui se « paye » le luxe d’étoffer son offre sans même avoir à prospecter : les freelances viennent d’eux-mêmes, le bouche à oreille seul suffisant à les attirer ! Avec un rythme de 2 500 nouveaux profils par mois, la marketplace compte 60 000 freelances et 50 000 clients, essentiellement des PME et TPE en France. 

 

2017 : la marketplace de services B2B affirme sa nouvelle identité et accélère à l’international 

En 3 ans, Malt a réalisé pas moins de 3 levées de fonds pour un total 7 millions d’euros ! Une première de 55 0000 euros en 2014 auprès de professionnels de l’investissement et des marketplaces, Antoine Freysz (cofondateur et dirigeant d’Otium Capital) et Olivier Occelli (fondateur de la place de marché Naturabuy), destinée à développer la plateforme en France et améliorer ses fonctionnalités, avec l’objectif d’atteindre 4 millions de volume d’affaires fin 2014. Une deuxième en 2015 a permis de lever 1.5 millions d’euros auprès d’ISAI Venture II et de Jérôme Caillé (ex-CEO de Adecco).Enfin en 2016, 5 millions d’euros sont levés auprès de Serena Capital et son investisseur historique ISAI afin de renforcer les équipes – de 52 collaborateurs actuels à 100 fin 2018 – et entamer le déploiement de la plateforme en Europe.

Restait un « détail » à régler pour conquérir l’international : la refonte de l’identité de la marque. Hopwork devient Malt en novembre 2017. Le nom, sobre, unique, qui véhicule convivialité et énergie, se veut évoquer le brassage des talents et des parcours. Le nouveau logo représente la mixité et le partage des talents – plus que le Kangourou initial rattaché à Hopwork. Le site est également retravaillé graphiquement et visuellement, et le parcours utilisateur est fluidifié. Le déploiement Européen débute à la même période par l’Espagne qui atteint aujourd’hui plus de 7 000 freelances inscrits. Fin 2018, la marketplace prévoit de se lancer aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne, l’idée étant, de proposer une réponse propre aux besoins locaux en matière de freelancing. 

 

L’exemple de Malt, qui annonce dépasser les 50 millions de chiffres d’affaires d’ici fin 2018, confirme que la marketplace de services est un modèle adapté aux exigences de proximité, de timing serré et de qualité sur le marché B2B. Elle permet aux entreprises, grâce à un choix de prestataires au nombre potentiellement illimité, de cibler finement une recherche et de trouver directement, sans devoir gérer un recrutement ou évaluer les devis suite à un appel d’offre, le profil de la perle rare. Malt a su combler un vide en matière de freelancing ou peut-être a-t-elle créé un nouveau mode de recrutement, plus flexible, rapide et qualitatif. Son succès en a inspiré d’autres ! Citons par exemple la Crème de la Crème, qui est aussi une marketplace de mise en relation avec des freelances. Proposant exclusivement des étudiants freelances des meilleures écoles à ses débuts, la marketplace vient d’annoncer une levée de fonds de 3 millions d’euros et un changement de positionnement pour ne plus proposer…que des profils experts !

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